Transvésubienne 2015 : une expérience transcendante !

Montage photo Transvésubienne 2015Cela faisait des mois, depuis la fin de l’automne dernier, peu après le dernier « De Chaîne en Chêne », que nous nous préparions à cette épreuve, certes un peu folle, de la « Transvésubienne ».

Pour rappel, tout avait commencé, lors d’une réunion informelle du team « Anduroxc » à la taverne « Le Barcelone » à Andenne.  Un pari un peu fou lancé par notre ami Yves et relevé par Mike et moi-même.  Pas vraiment rassuré de m’être engagé dans un tel défi, c’est avec une certaine appréhension mais beaucoup de sérieux que Mike et moi nous commencions les préparatifs : des distances de plus en plus longues pour l’endurance, des séances de musculation pour affronter les légendaires zones de portage et des sorties « In Andenne » pour développer la technique (un peu moins pour moi, je l’avoue).

Les mois défilent et la météo se dégrade au fur et à mesure que nous approchons du mois de janvier.  Malgré le froid et parfois la neige, nous continuons les sorties VTT tout en allongeant les kilomètres.

Au fur et à mesure que l’échéance approche, les potes du club nous questionnent sur notre entraînement et notre condition physique ; situation à la fois motivante mais également stressante.

Si sur le point de l’endurance, j’ai l’avantage sur Mike, lui a clairement l’avantage dans le technique, fort de ses multiples participations à divers enduros et autres sorties techniques (Patrik MAES, événements Gravity Bike Development, etc.).  Des différences qui auraient pu nous décourager, mais nous avons préférer voir cela comme un avantage, un duo complémentaire en sorte 😉

Alors que le mois de mai est déjà entamé, nous en profitons pour peaufiner les derniers préparatifs (budget transport, adaptation du matos, confirmation des inscriptions, etc.).

La pression monte…

Bien que l’épreuve était prévue le dimanche 24 mai 2015, nous avons pris 2 jours de plus avant l’événement.  Ce fut la moindre des choses compte tenu des 12-13 heures de route qui nous attendaient.  Arrivés sur place, c’est déjà la claque !  Que de beaux paysages et tellement de contraste sur quelques kilomètres.  Sur un même plan, la montagne et ses sommets enneigés, la Ville de Nice et ses faubourgs et la mer méditerranée se superposent.  J’aurais rarement vu une telle chose dans ma vie.

A peine nous commencions à en profiter que nous devons déjà faire enregistrer nos spad.  Si je devais regretter une chose et une seule, c’est cette partie de l’organisation.  Étonnamment, toute la partie de cet événement d’envergure sentait l’amateurisme.  L’accueil tardif des vététistes, le manque d’informations, la distribution hasardeuse des plaques de cadre, le sentiment de ne pas être pris en charge, toutes ces approximations nous ont laissé un avant-goût en demi-teinte.

Le lendemain et veille de l’épreuve, nous profitons de la journée pour faire du repérage.  C’est à cette occasion que je ferai la rencontre avec Greg NOCE, fabuleux organisateur d’événements enduro et trail en tout genre mais surtout et avant tout un gars qui a su rester modeste et accessible malgré tous ces mérites.

La dernière nuit de sommeil approche et la pression est à son comble, même pour Mike qui est pourtant plus habitué que moi aux compétitions.  C’est le moment de récupérer un max avant le GRAND départ.

Drinnnnnnnnnnnnnnnnggggggggggggg, oh put….  c’est le jour J !  Pas le temps de traîner, nous avons 1h30 pour nous préparer et nous rendre au sommet de « La Colmiane » où le check des numéros et le dernier briefing doivent être réalisés. Il fait encore nuit noire quand nous chargeons les VTT et prenons la route jusqu’au sommet, il est à peine 5h30.

Arrivés sur place, nous sommes tout de suite dans le bain, des riders partout et première réflexion du jour, il n’y a pratiquement que des gros vélos.  Rares sont ceux qui sont équipés d’un XC.  Nous nous sentons dès lors moins seuls avec nos gros bikes mais d’autre part, nous nous demandons à quoi nous allons goûter !

Les « meilleurs » se regroupent pour le premier départ, quand nous décidons de prendre de l’avance pour constituer notre groupe, les « Challengers ».  Nous sommes déjà nombreux quand l’organisateur invite le Maire de la région à prendre la parole pour nous encourager dans cette épreuve hors du commun.  Avant le start, l’organisateur nous rappelle une dernière fois : « attention, vous vous engagez dans une compétition difficile à tout point de vue et, qui plus est, risquée ».  Ouf !!! Les crampes à l’estomac.  Difficile et risquée, oui, mais à quel point ?  Nous allions vite le savoir.

Go !!!! Le départ est lancé et les riders s’engouffrent dans la première descente de la TransV.  C’est assez confus au point que nous ne voyons pas dans quoi nous nous dirigeons.  Ce serait dommage de se cartonner dans cette première section :p

Après quelques centaines de mètres, le ton est donné.  Première grimpette du jour, une longue ascension de la station de ski.  Le D+ s’accumule à toute vitesse et laisse présager ce que sera la vraie première descente de la journée.  Ce sera pour moi un des seuls moments de l’épreuve où j’aurai le temps d’apprécier toute la beauté du paysage, le temps d’arriver au pic.

Les sensations sont bonnes et les jambes au rendez-vous.  Nous en profitons pour échanger quelques mots avec les participants, souvent de la région.  Arrivés au sommet, nous nous faisons déjà dépasser par les vététistes de la catégorie « VTT électriques » avec leur gros enduros aux tubes surdimensionnés pour accueillir la fameuse batterie.   Bien évidemment, leur vitesse est bien plus élevée que la nôtre mais à leur désavantage, la plupart de ces compétiteurs emmènent avec eux 2 voire 3 batteries de rechange.  Autant pour eux que pour moi 🙂

La première zone de portage se présente et c’est l’occasion pour nous de tester nos méthodes : portage sur le dos pour Mike et VTT à pousser pour moi, mon spad étant quelque peu plus léger (merci le carbone).

Nous entamons la première descente de la journée que, déjà, les bouchons se forment.  Très vite, les différences de niveau technique se font ressentir et les écarts se creusent.  Les descentes se suivent et ne se ressemblent pas.  Parfois à ciel ouvert, parfois en sous bois.  Tantôt tout en single, tantôt parsemées de marches plus impressionnantes les unes que les autres.  C’est justement dans l’une de ces marches que je vais me rappeler aux bons souvenirs ce qu’est un beau soleil.  En cause, l’hésitation du rider devant moi qui s’arrêta d’un trait devant moi et hop par dessus le bike !  Heureusement, une belle chute sans gravité et avec le sourire 😉

Mike, de par son expérience en descente, prend de l’avance sur moi.  Il en sera ainsi durant toute la compétition.  Mike, devant en descente et moi, plus à l’aise dans les côtes, je gratterai les précieuses minutes dans ces portions qui sont plus à mon avantage.

Les kilomètres s’enchaînent, le D- commence à nous casser les poignets et le D+ entame nos mollets.  Nous passons les différents portiques dans les temps.  Certains avec +/- quelques dizaines de minutes d’avance et d’autres avec tout juste 10 minutes.

Arrivé au 3ème poste de ravitaillement – qui correspond par ailleurs à l’un des postes de contrôle – je commence à flancher, complètement grillé par les crampes qui paralysent tout mon corps.  Ce n’est pas tant les kilomètres à VTT, pour lesquels nous nous étions entraînés, mais plutôt l’alternance entre les portions à vélo et les portions de portage.  Un cocktail qu’il est difficile de travailler dans notre cher pays qu’est la Belgique.

Après avoir ingurgité plusieurs barres de glucose et englouti plusieurs décilitres d’eau, les forces me reviennent et je me sens d’attaque à poursuivre.  Nous en sommes à +/- 60 km.

Les choses sérieuses commencent vraiment puisque nos réserves sont déjà bien entamées et le moral doit se faire au fait que nous avons encore 40 bons kilomètres à parcourir et non des moindres.  Après une énième ascension qui s’avère difficile, nous devrons assurer dans une descente super technique de près de 10 km !!!! Rien que ça.  Cassante comme ce n’est pas permis et parfois des plus dangereuses, la fatigue et parfois le manque de lucidité, nous obligent à mettre pied à terre.  Outre le physique et le mental, nous devons gérer le matériel si nous voulons arriver au bout de ce périple.

Dans une des dernières côtes de l’aventure, la dénommée « Ferion », j’en profiterai pour me faire un « bonus horaire » tout en sachant que Mike reviendra plus tard sur moi lors des dernières descentes techniques.  C’est ainsi que Mike reviendra sur moi au ravito 5, dernier point d’abreuvage de l’épreuve, à un peu plus de 10 km de l’arrivée.

Nous terminerons la TransV 2015 ensemble, sur les hauteurs de Nice, dans une dernière et ultime descente, qui malgré tout, restera très physique et technique.

Avec un classement honorable (compte tenu des nombreux abandons), nous serons arrivés au bout de ce challenge hors du commun.  Pas sans difficulté pour ma part, mais bon, il aurait surprenant d’arriver « frais » au terme d’une telle épreuve.

Enfin, je peux vous dire que ce n’est pas une légende. Lorsque l’on arrive sur la plage de Nice, le long de la fameuse balade des anglais, on a vraiment envie de lâcher une larme 🙂

Pour cette première, l’objectif a donc été atteint : arriver au bout !  Pour 2016, pourquoi ne pas la refaire en améliorant le classement et ce, avec d’autres membres du team qui sait.  Un nouveau pari à lancer !

Enfin, je terminerai11167974_1629869687248145_3365963826317763615_o ce long compte rendu par une petite pensée émue pour la pompe de Mike, feue Madame Specialized, qui, malgré ses derniers moments très difficiles et son agonie dévoilée aux yeux de tous, aura tenu bon jusqu’à la plage de galets de Nice.  Merci à elle. 🙂 🙂

Ditch

8 réflexions au sujet de « Transvésubienne 2015 : une expérience transcendante ! »

  1. Aussi fort pour rédiger que sur le VTT !
    Félicitations à Didier et à Mike pour leur  » exploit ». Bravo les Anduroxcs !

  2. Merci les gars, c’était encore tout frais dans ma tête, j’ai eu l’impression de revivre la TransV en couchant ces quelques lignes 😉
    Bah si Rikou, tu es autant capable que moi de la faire.  Je ne te comparerai toutefois pas à Mike dans les descentes car c’est un taré 🙂 🙂 🙂

  3. Magnifique ton article Ditch ! 
    Encore un grand bravo à vous deux pour avoir avoir réussi à terminer cet évènement de taré.
    @Yves : y a plus qu’a t’entrainer pour 2016 maintenant 🙂 

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